Quand on arrive sur site à Marseille avec le train de tiges et le mouton de 63,5 kg du pénétromètre SPT, la première chose qu'on vérifie c'est l'aplomb du dispositif sur ce terrain en pente qui caractérise tant de chantiers de la ville. L'essai SPT reste la méthode la plus directe pour traverser les remblais anthropiques du Vieux-Port ou les colluvions de la vallée de l'Huveaune, là où le carottier fendue standard descend par battage tous les 1,50 mètre. On compte les coups pour chaque tranche de 15 centimètres, on note le refus quand la marne de Saint-Barnabé oppose une résistance brutale, et on prélève des échantillons remaniés dans le tube témoin que le laboratoire analysera ensuite en granulométrie pour confirmer la nature exacte des horizons traversés. Marseille, avec ses 240 000 habitants exposés au risque sismique modéré et ses collines calcaires qui plongent sous les quartiers nord, exige qu'on interprète chaque valeur N avec une connaissance fine de la géologie locale, pas juste avec un abaque générique. Le bruit du marteau qui frappe l'enclume rythme la journée du foreur, et chaque série de coups raconte une histoire différente selon qu'on est sur les limons de la plaine de Saint-Charles ou sur les éboulis de la corniche Kennedy.
Chaque coup du mouton de 63,5 kg traduit la mémoire géologique d'un sol marseillais façonné par la tectonique pyrénéo-provençale et des siècles d'occupation urbaine.
Notre approche et périmètre
Particularités du site
Dans le cadre des projets marseillais, la correction énergétique du N brut en N60, exigée par la norme NF EN ISO 22476-3, s'avère indispensable pour évaluer le risque de liquéfaction dans les alluvions récentes du delta de l'Huveaune ou les sables littoraux proches de la plage du Prado. Un N60 sous-évalué en raison d'un calibrage défectueux de l'énergie de battage pourrait faire ignorer une couche liquéfiable, avec des répercussions sérieuses lors d'un séisme de magnitude 5, comme celui prévu par le zonage sismique national en zone 3 pour la région marseillaise. Ce danger ne touche pas uniquement les édifices majeurs du quartier Euroméditerranée : une habitation sur la corniche, dotée d'un sous-sol en remblai sur des éboulis et mal inspectée, peut subir des tassements différentiels que le maître d'ouvrage ne découvrira que tardivement. C'est pourquoi nous associons de manière systématique l'essai SPT à une caractérisation en laboratoire des prélèvements, afin de confronter l'indice N à la granulométrie et à la plasticité, deux paramètres dont la norme préconise l'usage combiné pour une classification fiable des terrains selon le GTR ou l'Eurocode 7.
Cadre normatif
Les référentiels utilisés comprennent : NF EN ISO 22476-3:2005 + A1:2012 pour les essais de pénétration au carottier, Eurocode 7 – NF EN 1997-2:2007 pour le calcul géotechnique et la reconnaissance des sols, ainsi que NF P 94-500 pour les missions d'ingénierie géotechnique (notamment la mission G2 AVP/PRO).
Services techniques associés
Essai SPT en forage destructif avec enregistrement des paramètres
L'essai SPT est réalisé conformément à la norme NF EN ISO 22476-3, en employant un mouton à déclenchement automatique, en mesurant l'énergie transmise et en prélevant des échantillons remaniés à chaque intervalle de 1,50 mètre. Un rapport quotidien est fourni, incluant un diagramme des valeurs N60 en fonction de la profondeur.
Couplage SPT et essais de laboratoire
Nous associons l'essai SPT à des analyses en laboratoire (teneur en eau, granulométrie, limites d'Atterberg) sur les échantillons extraits du carottier fendu, afin d'obtenir une classification GTR exhaustive des terrains rencontrés sur le site marseillais.
Interprétation géotechnique pour fondations superficielles et profondes
La capacité portante est calculée à partir des valeurs N60 corrigées, en appliquant les méthodes de Meyerhof et de Briaud, tout en intégrant le contexte sismique de Marseille (zone 3). Des recommandations sont émises pour le type de fondation adapté au profil de sol étudié.
Paramètres typiques
Questions courantes
Quel est le délai pour obtenir un essai SPT à Marseille et combien cela coûte-t-il ?
Pour un essai SPT explorant une profondeur de 10 à 15 mètres, le délai d'intervention est habituellement de 5 à 7 jours ouvrés après l'acceptation du devis, selon la disponibilité des ateliers de forage. Le rapport final, comprenant les logs et l'interprétation, est remis dans les 48 heures suivant l'achèvement des essais. Le coût se situe entre 500 € et 600 € pour un sondage avec essais tous les 1,50 mètres, incluant la mobilisation du foreur et le rapport géotechnique. Des frais additionnels peuvent s'appliquer si l'accès nécessite une foreuse compacte pour les ruelles du Panier ou les jardins de la Treille.
Pourquoi l'essai SPT est-il particulièrement utile dans le contexte géologique de Marseille ?
Marseille se caractérise par une géologie très variée : des calcaires urgoniens compacts dans les calanques, des marnes et argiles de décalcification dans les bassins sédimentaires, ainsi que des alluvions récentes dans la vallée de l'Huveaune. L'essai SPT permet de traverser ces formations superficielles souvent hétérogènes tout en offrant une mesure de résistance continue, là où un essai CPT échouerait sur les cailloutis calcaires. De plus, la norme NF EN ISO 22476-3 autorise le prélèvement d'échantillons dans le carottier, ce qui est crucial pour identifier les argiles gonflantes présentes dans les marnes altérées du Crétacé, fréquentes dans les collines de Saint-Marcel.
Quelle est la différence entre un essai SPT et un essai CPT pour un projet de fondation à Marseille ?
La principale distinction réside dans la nature du terrain marseillais : l'essai CPT (piézocône) produit un profil continu de résistance de pointe et de frottement latéral, très utile dans les sols fins sans éléments grossiers, mais il devient inefficace dès qu'il rencontre les graves calcaires ou les blocs des éboulis de pente, typiques des collines de la ville. L'essai SPT, quant à lui, traverse ces horizons durs par battage tout en fournissant un indice N et un échantillon visuel. En revanche, le SPT est discontinu (essai tous les 1,50 m) et moins précis dans les argiles molles. Pour les projets en bord de mer ou dans les limons de l'Huveaune, nous recommandons souvent de combiner les deux méthodes pour bénéficier à la fois de la continuité du CPT et de la robustesse du SPT dans les horizons à cailloux.
